Voute en plein cintre du plafond de la nef du temple de la Boissonnade.
Sur la partie la plus éloignée de la photo, on aperçoit l’abside de l’église dont le plafond est constitué d’une voûte en cul-de-four.
Contreforts contre les murs du Temple de la Boissonnade.
Église Notre-Dame-de-Folhaquier (schéma)
– En jaune, les cintres formant la croisée d’ogives
– En rose les colonnes
– En bleu les arcs boutants et contreforts latéraux
1/ARCHITECTURE ROMANE
De l’an 1000 jusqu’au 13ème siècle, dans notre région, Eglises et chapelles, de dimensions souvent modestes, sont construites suivant une architecture dite romane.
Les édifices sont voutés, massifs et lourds. Pour supporter les efforts de poussée engendrés par les voutes, ils ont besoin de murs épais, solides, percés le moins possible et, dans ce cas, c’est par de petites ouvertures étroites en plein cintre.
Les formes de voutes les plus utilisées sont:
– la voûte en plein cintre ou en berceau, qui correspond à un demi-cylindre : elle est surtout utilisée pour couvrir les nefs.
– La voûte en berceau brisé, formée de deux demi-voûtes en arcs de cercle se rejoignant au sommet. Ce type de voûte est également utilisé pour couvrir les nefs.
De l’intérêt des contreforts:
Le poids des pierres de la voûte exerce une énorme pression sur le haut des murs latéraux qui ont tendance à s’écarter et ainsi à fragiliser la stabilité de la voûte.
Aussi, pour éliminer le danger d’écroulement, les murs seront peu élevés et très épais (on peut atteindre des épaisseurs comprises entre 1 m et 1,5 m).
Pour ne pas les fragiliser, on pratique des ouvertures étroites et peu nombreuses. Fréquemment les murs seront renforcés à l’extérieur par des piliers énormes qui empêchent leur basculement, ce sont les contreforts.
Le Temple de la Boissonnade (ci-contre) est situé à Moissac -Vallée-Française, et correspond en fait à l’ancienne église Notre-Dame-de-Valfrancesque, affectée au culte protestant depuis l’année 1923.
Datée vraisemblablement du XIIème siècle, elle est construite en gros appareil de fraïdonite (roche éruptive dure qui lui donne sa couleur sombre). Le clocher sur le pignon de la façade est beaucoup plus récent.
Les plans et les volumes des édifices cévenols sont très simples. D’un simple rectangle prolongé par une abside arrondie, jusqu’à former une croix pour ceux qui sont en phase aboutie. La partie sacrée, l’abside, est toujours orientée vers l’est.
Cas particulier : Le Folhaquier
Cette église romane a la particularité de disposer d’un chevet plat en lieu et place d’une abside. Isabelle DARNAS dans son livre « Châteaux médiévaux en Cévennes » en fait la description suivante :
Superbe petit édifice à chevet plat, les murs sont bâtis en pierres de schiste remarquablement assisées, liées au mortier. L’édifice possède un étage de soubassement : il s’agit d’un système de construction qui permet de compenser le fort dénivelé du terrain, l’espace de culte étant à l’étage, comme en témoigne le soin apporté à la construction des ouvertures. Une porte à l’est et une fenêtre à l’ouest sont couvertes d’un arc en plein-cintre composé de claveaux de schiste remarquablement agencés, la fenêtre d’axe est une baie géminée.
Folhaquier: Vue en plan de la Chapelle Castrale
Le dessin ci-contre (à droite), réalisé à partir d’une photo aérienne montrant le résultat des fouilles réalisées depuis 50 ans par les propriétaires des lieux, dévoile les vestiges de la chapelle castrale.
2/ARCHITECTURE GOTHIQUE
L’art gothique apparaît à la fin du 12ème siècle et prospère jusqu’à la Renaissance. Il s’est largement répandu grâce à la solution qu’il apporte au problème de soutien de la voûte, ainsi qu’à des formes de voutes dites en arcs brisés plus verticales et plus légères
En effet, au 12ème siècle, des architectes d’Ile-de-France réussissent à appuyer la voûte sur deux ou plusieurs cintres de pierres, se coupant en croix. On appelle cet ensemble la croisée d’ogives. Donc, désormais, tout le poids ou poussée de la voûte est transmis par cette ogive aux colonnes espacées qui divisent la nef des églises en travées. Il suffit donc d’appliquer à l’extérieur des arcs-boutants, pour que ceux-ci transmettent à leur tour la poussée aux contreforts latéraux, posés sur le sol.
La construction tient donc par le jeu savant de l’équilibre des poussées et non par la masse. Les murs latéraux épais servant de renforts sont supprimés et d’immenses fenêtres en arc brisé, typique de l’art gothique, sont percées.
Entre les piliers, les murs qui ne soutiennent plus la voûte sont percés de hautes et larges fenêtres en forme d’arc brisé. Elles laissent entrer la lumière, symbole de la présence divine.
Ces nouvelles techniques rendent possible la construction d’églises de plus en plus hautes, c’est la période de construction des grandes cathédrales.
Vue d’une partie écroulée de la voûte en berceau brisé du transept de l’abbaye de Notre-Dame-du-Bonheur à Camprieu.
Les Contreforts
Les contreforts (en bleu) s’opposent à la force de poussée latérale qu’exerce le poids de la voûte sur les murs.
Chapelle castrale du Folhaquier (schéma)
Fenêtre en arc brisé – Neufchateau (88)
Cathédrale d’Amiens (80)
Notre-Dame-de-Paris (75)

